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Test : Saints Row 2


PC PS3 XBox360

Le premier Saints Row avait eu du mal à tirer son épingle du jeu malgré l’absence de concurrence sur Xbox 360. Pour Saints Row 2, la tâche est encore plus ardue, car un certain GTA IV a instauré de nouveaux standards. Volition n’a pas les moyens colossaux dont dispose Rockstar, mais les développeurs ont quand même l’intention d’imposer leur style…

Saints Row 2 veut rivaliser avec GTA, du coup, le jeu se veut super vaste, mais le problème est que c’est si vaste que tout semble un peu bâclé. Graphiquement, le jeu passe de l’honnête au très moche (les cheveux, mon dieu), mais globalement c’est l’austérité qui domine. En ces temps de crise, les développeurs ont sans doute économisé du temps de développement sur les effets qui coûtent cher au portefeuille tant le jeu semble plat. Le moteur graphique n’a pas bougé d’un iota depuis le précédent opus et il se paye pourtant le luxe de ramer dans certaines scènes d’actions et de souffrir de graves problèmes de clipping (quand on est sur l’eau, on voit d’abord apparaître les remous avant de voir les bateaux).
Oubliez donc les couchers de soleil sur Manhattan de GTA, car Stilwater ne vous en mettra pas plein les yeux.

Un premier contact difficile…

Outre l’aspect purement technique, c’est tout le gameplay du jeu qui donne une sensation étrange dans les premières minutes (heures ?) de jeu. La conduite est infecte et les effets de vitesse totalement ratés. Dans la même veine, les gunfights sont très rapides et les déplacements des personnages irréalistes. Pas de système de couverture (même si vous avez la possibilité de vous accroupir), tout est fait pour que vous fonciez dans le tas comme un gros bourrin, la sulfateuse à la main (enfin, aux mains, vu la taille du bouzin).

Niveau sonore, rien à redire, le jeu assure. Les doublages sont assurés par de vrais acteurs et sont donc de qualité (la version que j’ai eu était en VOSTFR), idem pour les musiques qui composent la playlist du jeu et qui s’écoutent en voiture : elles déboitent. Vous pourrez d’ailleurs passer chez le disquaire pour agrémenter votre radio de nouvelles chansons de tous les styles (même du classique).
Saints Row 2 est un titre qui doit s’accoucher au forceps, mais une fois passé ce moment difficile, on se prend vite au jeu.

mais le charme opère vite

Cinq ans se sont écoulés depuis que vos anciens partenaires vous ont trahi. En sortant du coma pour la première fois depuis ce jour funeste, vous retrouvez une ville de Stilwater qui a sombré dans le chaos. Des gangs inconnus sont apparus et ont commencé à envahir VOTRE territoire, des factions rivales se sont emparées de vos commerces et des corporations avides d’argent ont chamboulé le quartier de 3rd Street. Abandonné et laissé pour mort, vous allez partir à la recherche des anciens de votre gang et tenter de regagner VOTRE ville. Faut pas déconner avec les Saints.

Le scénario est assez basique, mais a permis aux développeurs d’y insérer de nombreuses cinématiques qui vous feront vous attacher aux personnages, voir même pourront vous arracher quelques émotions (si, si, promis). Ici, pas de mièvrerie (allez jouer à Léa, passion vétérinaire si vous voulez de l’affection) le jeu est violent, parfois même brutal dans son approche : les têtes sont tranchées, les grand-mères envoyées au travers de réacteurs d’avions etc. Mais certaines missions sont aussi délirantes comme l’assaut sur une centrale nucléaire pour y dérober des déchets radioactifs ou encore l’attaque du camp de clodos dans les bas-fonds de la ville. Pour accomplir toutes ces missions plus violentes les unes que les autres, vous bénéficierez bien évidemment d’un arsenal complet du parfait gangster moderne : lance flamme, tronçonneuse, missiles à visée laser, bombe adhésive, fusils d’assaut. Les armes sont très hétérogènes et offrent, à l’instar du jeu, une grande variété. On ne s’ennuie pas à tuer !

Respect, yo !

Si dans GTA les missions peuvent s’enchainer, Saints Row 2 vous obligera de passer un peu de temps hors de la trame principale pour gagner du respect vous permettant de progresser dans le scénario. C’est dans les rues de Stilwater que se gagne le respect. Si le fait de travailler votre style et conduire dangereusement vous fera gagner quelques points de respect, c’est vraiment dans les missions annexes que le jeu se révèle. De la prise d’otage en passant par la course de tracteur sans oublier l’escorte de VIP ou l’arrosage de certains quartiers aux matières fécales, les missions annexes ne manquent pas et vous devrez y passer de longues heures avant de finir le jeu complètement. D’autant plus que même ces activités sont introduites par des séquences cinématiques, ce qui ne les rend pas inutile au point de vue scénaristique : c’est en forgeant s’imposant que l’on devient forgeron gangster.

Outre les missions et les activités, vous aurez la possibilité d’attaquer les gangs adverses frontalement en prenant d’assaut leurs bastions. Flinguer les serveurs qui diffusent le porno, des Ronins ou les ateliers de production de drogue des Sons of Samedi est toujours jouissif, d’autant que ces activités vous feront gagner des précieux territoires qui vous rapporteront ensuite un joli pactole. Et justement, ce pactole peut être facilement dépensé dans cette ville du vice.

Extreme Makeover, Gangsta edition

L’énorme avantage de Saints Row 2 est sa personnalisation à outrance. On se laisse rapidement prendre au jeu du changement de fringues, de caisses, de style, etc. Votre personnalité peut transpirer sur celle de votre personnage dès le début du jeu avec un système de création très complet (et aussi un peu complexe d’ailleurs). C’est bien simple, vous pouvez intervenir sur des dizaines de paramètres pour avoir le jeu dont vous êtes fier d’être le héros. J’ai opté pour une mexicaine d’une vingtaine d’années et je m’y suis attaché (les tenues sexy doivent y être pour beaucoup) au cours du jeu. On prend vite plaisir à acheter de nouvelles habitations et y installer des écrans géants, des barres de strip-tease et autres joyeusetés. Le jeu vous pousse d’ailleurs à utiliser à fond ces options, car il vous récompensera en style et en respect au fur et à mesure que vous étofferez votre garde-robe (mention spéciale aux lunettes « Vengeance de Geek » qui me donnent un look très… spécial.

Tous les commerces de la ville (et ils sont nombreux) peuvent être achetés et vous rapporteront ensuite un revenu quotidien assez conséquent. Mais ne croyez pas que l’on devient milliardaire facilement, tant l’argent se dépense vite ; on achète un Mac Do par ici, une discothèque par là, un loft à l’université, deux trois bijoux et quelques fringues et on se retrouve sur la paille… en attendant le lendemain que la thune rentre grâce à vos activités.

A deux, c’est mieux

Saints Row 2 offre un mode Coop que j’ai pu tester lors de la soirée de lancement du jeu. Ce dernier nécessite deux consoles branchées en réseau. Quand j’ai demandé au producteur du jeu pourquoi ce n’était pas possible de faire cela sur une seule console, il m’a répondu que le jeu était trop beau pour ça. J’y ai cru à fond.

Du coup, il vous faudra vous rabattre sur le Xbox live si vous voulez faire du coop et profiter du mode multi du jeu. Ce dernier est assez complet et permet de jouer jusqu’à 12 joueurs dans plusieurs modes de jeux (dont des bastons 6vs6). Je ne sais pas si ça venait de moi ou des autres en face, mais en tout cas le jeu avait tendance à ramer en muti, une sorte de lag latent assez pénible dans certaines parties. J’ai trouvé que le mode multi n’était pas indispensable, car le mode solo se suffit à lui-même (70 heures de jeu et je n’ai toujours pas tout fait à 100%).

 

LA FLEMME DE LIRE LE TEST ?

Si Saints Row 2 n’est pas très sexy, il n’en demeure pas moins que l’aventure proposée est fun. C’est un peu comme la fille pas très belle que vous vous tapiez au lycée : vous aviez honte de la montrer à vos potes, mais vous vous sentiez bien quand vous étiez seul avec.
Le jeu ne souffre pas énormément de la comparaison avec GTA —passé un petit temps d’adaptation— le public visé n’est pas forcément identique. Ici, fini le réalisme et place à l’arcade et au délire.
 

Drags

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