Test : Fable II
Promesses démesurées, hype savamment entretenu, 4 ans d’attente, craintes compréhensibles, et suite d’un jeu finalement sympa mais pas légendaire: on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre en mettant Fable 2 dans la console. On sait juste qu’on a envie d’y jouer.
C’est super facile de se moquer de Molyneux, mais c’est un peu comme aller embêter le boutonneux chouchou du prof à la récré: on peut lui piquer ses pompes et l’argent de la cantine autant qu’on veut, ça changera rien au fait qu’il aura toujours une meilleure note à l’interro. Et là c’est Fable 2 l’interro. Ouah la métaphore.
Vis ma vie de héros
On aurait pu jouer un gamin comme les autres, un petit morveux des bas quartier de base qui mendie ses pièces d’or histoire de manger le lendemain. La belle vie quoi. Mais non, on pouvait pas être peinard, il fallait qu’il fasse partie d’une ancienne prophétie à la con.
Bon, bien sûr, je suis pas là pour vous raconter le scénar’, mais notre petit moineau geignard va bien vite grandir, et se retrouver sur les routes pour sauver Albion. Ou foutre le bordel, parce que c’est un peu ça Fable aussi, c’est votre choix.
Pour être méchant, envoyez « décapiter le fermier » par SMS au…
Ceux qui connaissent Fable ne seront pas perdus. Pour les autres, je vous situe un peu l’un des mécanismes centraux du jeu : vous êtes maître de vos actions, et vous pourrez choisir de faire le bien ou le mal autour de vous assez régulièrement. Le résultat est assez logique, vous serez soit vénéré, soit craint, mais au moins vous serez respecté dans les deux cas.
La finalité est donc plus cosmétique qu’autre chose, et le scénario est rarement affecté par vos choix. Ceux qui attendaient un système plus transparent et plus subtil que dans le premier Fable peuvent arrêter de baver tout de suite par contre : c’est toujours pareil. Soit c’est tout noir, soit c’est tout blanc, mais dans tous les cas vos choix sont présentés en évidence dans toutes les situations, et vous serez immédiatement récompensé par des points de bien ou de mal. Encore une fois, ça aurait pu être plus subtil, mais au moins c’est simple et efficace.
Un jeu pour non joueur, OK, mais tu joueras mieux que lui quand même.
Simple et efficace, c’est un peu le crédo du jeu. Molyneux a déclaré y a pas si longtemps qu’il fallait tester le jeu en présence d’un non joueur. Nous chez Gamer Since, on fait encore des cauchemars de Spore la nuit, alors franchement ça nous a un peu foutu les jetons. Les jeux casuals, c’est mignon quand c’est du Touch Generation ou des lapins pas très malins, mais les jeux AAA casuals, on a tendance à trouver que ça fait un peu tâche.
Heureusement, là, ce n’est pas le cas, et c’est même une sacrée réussite. Lionhead touche du doigt ce que chaque jeu devrait viser: un jeu suffisamment simple en surface pour que n’importe qui puisse profiter à fond du jeu, mais avec suffisamment de profondeur derrière, optionnelle, pour qu’on ait aussi de quoi s’éclater, nous vieux baroudeurs du jeu vidéo.
Le chien, le meilleur ami du casual
Le meilleur exemple de cette accessibilité simplifiée, c’est le toutou. En effet, vous serez accompagné par un clébard (très attachant!) tout au long de vos aventures. Il peut ramener la baballe et essayer de se mordre la queue pendant que vous tuez des banshees répugnantes, mais surtout il vous servira de GPS pour tout un tas de détails. Un coffre caché derrière les fourrés? Il vous le signalera. Des ennemis proches? Il se met à grogner avant même que vous les ayez remarqués. Un combat un peu tendu? Il s’occupera de garder vos ennemis au sol pendant que vous achevez les autres. Et finalement, il devient vite votre super pote, suffisamment pour que vous ayez bien la haine quand il se prend un mauvais coup et qu’il revient en boitant vous voir la queue entre les jambes.
Subtil bourrinage
Les combats sont eux aussi simplifiés au maximum, mais avec une petite couche de finesse quand même. Petite, hein. En gros, trois boutons : corps à corps, distance et magie. Choisissez votre bouton préféré et défoncez-le jusqu’à ce que les méchants soient tous morts. Le jeu n’est pas bien difficile, et ça suffit malheureusement à se sortir de la plupart des situations.
Mais là encore, si le combat est accessible à n’importe quel novice, le joueur expérimenté a de la marge pour s’amuser un peu pour peu qu’il veuille jouer le jeu. Combos, gardes et coups spéciaux sont également disponibles, même si ils sont rarement nécessaires pour venir à bout de ses adversaires. C’est simplement rassurant de savoir qu’ils sont là pour ceux qui ont envie de faire des beaux combats, et par la même occasion gagner une expérience un peu boostée par vos performances.
L’équipement quant à lui est simpliste, et n’apportera pas beaucoup de profondeur aux combats.
Sauver le monde? Rien à foutre
C’est ça que vous voulez? Sauver le monde? Franchement, c’est banal, vous êtes trop naze. Ouais, d’accord, allez-y, foncer sur la quête principale, et ça sera bouclé assez rapidement finalement. Mais la profondeur de Fable passe par tous les à côté. Les quêtes annexes seront un bon moyen d’en apprendre plus sur Albion, de voir du pays, ou de se faire un peu d’argent, mais ce n’est pas tout.
Vous pouvez vous lancer dans l’immobilier, et à une échelle beaucoup plus importante que dans le premier opus: achetez n’importe quel bâtiment, maison ou échoppe, habitez-y, redécorez-le, exploitez-le, louez le et revendez-le. Tout est possible.
L’immobilier, c’est pas votre truc? Allez trainer au bar. À côté des jeux de hasard bouffeurs de temps, vous pourrez draguer un peu tout ce qui se passe, pour aller jusqu’à fonder une famille et avoir des enfants, qui eux-même génèreront leurs quêtes annexes et leurs occupations. On peut littéralement passer des heures à jouer à Fable 2 sans jamais avancer d’un poil dans le scénario, et c’est pas pour ça que c’est moins fun.
Et c’est quand même vachement beau.
La réalisation de Fable est exemplaire. Le jeu est magnifique, ça c’est évident au premier coup d’œil même si les tartines de bloom ne passent pas toujours inaperçues. Mais là où ça devient complètement bluffant, c’est au niveau du souci du détail. Les décors, les ambiances sonores, et surtout le réalisme des environnements impressionne sans cesse. Envie de suivre un PNJ, même le plus insignifiant, sur une journée de 24h? Allez-y, vous ne serez pas déçu, il a sa vie bien à lui, cohérente et réaliste. Le meilleur moment pour croiser les villageois au bar, c’est le soir après le boulot, et le meilleur moment pour les cambrioler, c’est quand ils sont partis travailler.
Même ma bête noire, le doublage, est de très bonne facture. On reconnait bien les voix professionnelles qui ont été employées, et y a pas de secret, la qualité est au rendez-vous derrière. Et bien sûr, Whoopi Goldberg (enfin sa voix française, hein) qui file les quêtes, c’est quand même la mega classe.
PinGun
LA FLEMME DE LIRE LE TEST ?










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