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Preview : Fallout 3


PC PS3 XBox360

Quand on m’a invité dans un palace parisien pour tester Fallout 3, la prochaine grosse production de Bethesda, j’ai sauté sur l’occasion, même si le rendez-vous était fixé à 9 heures du matin. Pourquoi si tôt ? Car pour profiter pleinement d’un RPG comme Fallout, il faut du temps.

La dernière fois que j’avais pu tester le jeu au Festival du Jeu Vidéo, j’en suis ressorti avec une impression mitigée sur le jeu, le tout teinté de craintes au niveau du gameplay et des graphismes… Cette présentation m’aura t-elle fait changer d’avis ? Le jeu débute dans un abri antiatomique, le Vault 101, duquel vous sortez afin de retrouver votre père, qui a lui aussi quitté l’abri quelques temps plus tôt. Toute la première partie du jeu ne faisait d’ailleurs pas partie de cette démonstration et c’est donc un héros adulte et déjà équipé que l’on a pu mener à l’extérieur de l’abri antiatomique.

Je vous sens tendu

Le joueur se contrôle comme dans un FPS, bien qu’il soit aussi possible de jouer dans une vue “épaulée” à la troisième personne. Cette dernière est d’ailleurs du plus mauvais effet tant les animations du jeu sont rigides. Notre héros ressemble d’ailleurs à Roger Moore dans les premiers James Bond avec son arme tenue le long du corps. Une référence de la part de Bethesda ? Non, c’est simplement que les animations “ne sont pas la priorité du studio” comme nous le révélait Pete Hines lors d’une entrevue menée par Fumble à la GC 2008. La vue à la troisième personne est tout simplement catastrophique et totalement anecdotique, la caméra étant extrêmement mal placée pour que ce soit jouable. Cette vue ne nous a donc servis qu’à voir quel aspect avait notre personnage quand on lui changeait son équipement. Autant dire que c’est le genre de choses qui peut être fait par une vue du perso dans l’inventaire…

Beau comme du post apo

Une fois nos marques prises avec les contrôles et les premiers pas effectués dans ce monde post-apocalyptique dévasté par la guerre nucléaire, on tombe vite sous le charme. Le moteur graphique, qui est l’héritier d’Oblivion, fait bien son travail et permet d’afficher un environnement vaste et crédible. On pourra toujours chipoter sur tel ou tel point précis comme le rendu de l’eau pas toujours très convainquant ou certaines textures complètement ratées sur les versions consoles (la version PC m’a semblé plus solide de ce côté là), mais, dans l’ensemble, ça ne pique pas les yeux. Le moteur sert d’ailleurs très bien l’univers puisqu’il permet d’afficher une palette de couleurs convaincante, enfin, aussi convainquant que peut l’être un monde dans lequel une partie de l’humanité à été éradiquée.

Vous mutez chez vos parents ?

Les survivants se sont d’ailleurs regroupés dans des villes de fortune (la première que vous croiserez sur votre route est Megaton) afin de reconstruire sur ce monde en ruine. Tous les habitants de la ville vaquent à leurs occupations et c’est là que vous trouverez vos premières missions. Ces dernières sont aussi variées que désarmer une bombe nucléaire, aider le petit bill à retrouver son père disparu après une attaque d’araignées géantes, faire l’inventaire de ce qu’il reste du Wal-Mart du coin pour trouver de la nourriture et des médicaments, etc. Bref, vous l’aurez compris, la quête principale est doublée de nombreuses quêtes annexes. Les dialogues sont d’ailleurs plutôt bien foutus et permettent d’orienter vos questions -et vos réponses- dans n’importe quelle direction : accepter en étant gentil, accepter sans grande conviction, refuser en restant poli, refuser en agressant les gens etc. En un mot, sur les quelques dizaines de PNJ à qui j’ai pu parler, j’ai toujours trouvé les discussions très convaincantes et parfois assez profondes.

Tourisme à Washington

Une fois discuté avec quelques PNJ pour trouver quelques quêtes que vous voilà partis à l’exploration du monde. Ce dernier est plutôt hostile, puisque vous y trouverez un bestiaire des plus variés, entre les scorpions géants, les araignées cracheuses de feu, les pillards, les brutes, les robots errants,… Pour leur faire face, vous disposez d’un arsenal complet dont je n’ai pu tester que quelques représentants (en quatre heures de jeu, j’ai eu affaire aux armes suivantes : pistolets, fusils à pompe, mitraillettes, gatling, fusil de chasse, pistolet laser, armes blanches) mais qui semble tout à fait honorable. Seul gros point noir, les armes n’ont aucune personnalité. Que ce soit au pistolet de 10 mm ou à la gatling, vous aurez l’impression de tirer des clous, gênant pour un jeu qui se passe à la vue à la première personne. Okay, le jeu est un RPG à la base, mais tout de même !

VATS ist das ?

Les développeurs ont inclu un système baptisé V.A.T.S. (Vault-Tec Assisted Targeting System), tentative des développeurs d’Oblivion de concilier lors des scènes de combat en temps réel l’action d’un shooter au bon vieux système au tour par tour utilisant des points d’action caractéristique des deux premiers titres de la série Fallout. Concrètement, lorsque vous rencontrez un ennemi, vous avez deux solutions pour l’affronter, soit le défourailler comme dans tout bon FPS, soit utiliser le VATS sur simple pression d’une touche.

L’action se met alors en pause et les cibles qui se trouvent à votre portée se retrouvent découpées en zones affichant chacune le pourcentage de chances que vous avez de la toucher à la distance où vous êtes et avec l’arme que vous tenez en main. Vous avez alors le choix de l’endroit où vous souhaitez tirer et le nombre de balles que vous voulez tirer. Une fois l’action remplie, le jeu se met alors dans un mode bullet time pour montrer votre cible et voir si elle a été touchée ou non. Ce mode ralenti est des plus lourds, car il est impossible de le désactiver, ni de le contrôler, et il se déclenche tout le temps… Même si vous manquez votre cible ! En bref, j’ai eu l’impression que le VATS ne servait qu’à déclencher des coups critiques qui permettent de décapiter vos ennemis dans des gerbes de sang. Si vous êtes une bille aux FPS et que vous jouez sur console, alors ce système pourra vous être utile. Moi qui ai plutôt l’habitude des FPS, je ne l’ai quasiment jamais utilisé, préférant tirer directement sur mes cibles, avec une précision souvent accrue par rapport au VATS, qui intègre une dimension hasardeuse au jeu.

Reste à voir le scénar…

Bethesda a voulu un peu révolutionner le monde de Fallout avec ce troisième opus. Le passage de la vue en 2D isométrique à la 3D en temps réelle est du plus bel effet, mais on a l’impression que le créateur d’Oblivion n’a pas réussi à trouver le cadrage de son jeu. La vue par défaut est la vue FPS, mais une vue TPS est intégrée, malgré le fait qu’elle soit moche et injouable. Pour ne pas qu’on les accuse de vouloir faire un FPS/RPG, les développeurs ont inclus le système de VATS qui peut être amusant 5 minutes, mais qui n’est pas indispensable. Au final, aucun doute que Fallout 3 sera un bon jeu, par la richesse et la profondeur de son gameplay, mais il trainera des tares congénitales qui l’empêcheront d’être un grand jeu comme on en voit qu’un par an.

Drags

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